Intégration professionnelle

Voici quelques recommandations simples en 21 points :

  1. Il est normal que l’on soit fier des études accomplies et du diplôme acquis au bout de tant d’efforts. Bravo ! Ayez cependant le triomphe modeste.
  2. Dans la plupart des entreprises, la majorité des collaboratrices et des collaborateurs n’ont pas eu le privilège qui a été le vôtre : effectuer des études supérieures. Nul besoin donc de trop insister sur vos exploits académiques. Il est fort à parier que la plupart de vos collègues connaissent déjà vos antécédents et ils apprécieront votre modestie.
  3. Plus le diplôme est prestigieux, plus on constate que l’institution qui l’a délivré a jugé utile de monter la tête des frais émoulus pour qu’ils arrivent dans l’entreprise avec un maximum d’arrogance. C’est une stratégie regrettable.
  4. L’appétit vient en mangeant. Au moment où l’on entre dans l’entreprise, on est en général heureux de s’y trouver et on s’intéresse encore peu aux niveaux hiérarchiques et aux avantages qui vont de pair.
  5. En général, ce désintérêt est une trêve de confiseurs, donc de courte durée, et rapidement, l’envie, la jalousie ou les deux risquent de vous entraîner dans un parcours du combattant pour engranger quelques menus avantages qui vous feront perdre de vue votre développement à plus long terme.
  6. Il est utile de résister à cette forte tentation qui préoccupe en général les moins performants ou les arrivistes. Voyez loin. Concentrez-vous sur l’intérêt de votre travail, sur l’élargissement de son contenu et sur l’acquisition d’une véritable expérience. Le reste viendra tout seul. Dès que vous occuperez un poste à responsabilité, l’entreprise sera bien obligée de vous accorder une rémunération à la hauteur.
  7. Soyez aimables. Bien sûr, vous avez hâte de montrer ce que vous savez faire et vous désirez mettre en exergue vos compétences et vos capacités, mais cela ne doit pas se faire aux dépens des autres. Bien au contraire, intéressez-vous aux autres.
  8. Passez du temps avec les ouvriers, les employés c’est à dire toutes celles et ceux qui en savent plus que vous sur l’entreprise et qui, selon toute probabilité, resteront plus longtemps dans le même poste que vous. Écoutez les et aidez les. Ils apprécieront un «universitaire» qui se donne le temps de les comprendre.
  9. Ainsi vous allez emmagasiner rapidement des connaissances que vous n’aurez de toute manière plus l’occasion d’accumuler plus tard dans votre carrière et vous deviendrez d’une efficacité redoutable.
  10. Etre aimable, prévoyant et gentil n’est pas être faible. Le monde du «hard nosed» manager est révolu. Les déclarations à l’emporte pièce sont en général sans valeur et n’enchantent que son auteur. Il faut convaincre, rester ciblé et aller jusqu’au bout. Suivre, aider, assumer, voilà le mode de vie dans l’entreprise performante.
  11. Ne critiquez pas vos collègues. Cela, à coup sûr, ce n’est pas à l’université que vous l’apprendrez. Entend-on souvent un professeur qui dit du bien d’un autre professeur ? Soit, c’est probablement le propre du milieu académique où la mutuelle appréciation et donc la coopération sont encore peu fréquentes.
  12. Dans l’entreprise c’est différent. Aujourd’hui encore plus qu’hier, la nécessité de coopérer devient inévitable pour réussir. Il faut savoir fédérer.
  13. Ce n’est pas en critiquant les autres que l’on devient mieux soi-même. De toute évidence il ne vous appartient pas de décider qui seront vos collègues. Alors ne vous rendez pas la vie et celle des autres plus difficile qu’elle n’est déjà en répandant le fruit de votre esprit critique souvent bien plus fertile que votre capacité à faire des propositions constructives.
  14. En revanche, soyez francs et ouverts pour résoudre les problèmes et n’ayez pas peur de faire part de vos propres propositions ni à l’égard des collègues ni à l’égard de la hiérarchie. Si cela ne leur plait pas, vous le verrez bien.
  15. Soyez patients mais pas laxistes. En se concentrant sur son travail, en y trouvant du plaisir, on ne sera jamais déçu. Tout ce que vous aimez faire, vous risquez de le faire bien.
  16. Un travail pour lequel vous n’êtes pas fait, ne peut rien vous apporter même si on vous le présente comme la «voie royale» pour la carrière.
  17. Il est nécessaire d’être flexible et de s’adapter mais ce n’est pas une raison pour faire n’importe quoi et faire feu de tout bois pour avancer dans la carrière.
  18. Prenez le temps de réfléchir pour vous développer là où vous vous sentez bien. Le chemin s’ouvrira progressivement, et vous ne serez jamais déçu même si toutes vos ambitions ne se réalisent pas immédiatement.
  19. En revanche, n’insistez pas si vous vivez mal l’entreprise ou son entourage. Ne mettez pas votre sort entre ses mains, restez maître de votre destin professionnel. Au besoin, prenez la décision de changer. En tout cas, ne sous-traitez pas la gestion de votre carrière à une entreprise aussi bonne soit-elle. C’est vous le maître de votre vie.
  20. Si vous avez le privilège de diriger une équipe de collaborateurs, portez-les, ils vous porteront. Le «Manager égocentrique» est un modèle qui n’est plus en demande. Un dinosaure. Il y a deux sortes de leader : ceux qui inspirent leur équipe et ceux qui l’écrasent pour arriver à leurs fins. On les connaît ces derniers, ils finissent toujours par se faire repérer.
  21. Le plus grand privilège c’est de recevoir la confiance des gens que vous dirigez. Ne les décevez pas et demandez-vous tous les jours pourquoi vous méritez de les diriger, et quel serait leur choix, s’ils avaient le choix.
    Cette réflexion vous inspirera non pas le doute de soi qui est la suprême forme de l’orgueil, mais une véritable humilité, qui vous fera progresser.